Tout savoir sur le documentaire « Secrets des Champs »

Hier nous étions nombreux à la projection du documentaire « Secrets des Champs » réalisé par Honorine Perino dans le cadre de la Semaine Pour les Alternatives aux pesticides. Nous remercions Ecocampus, association de l’École Normale Supérieure, pour son accueil et sa parfaite organisation de l’évènement ainsi que Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParis Tech et Président de l’association de la Plate-Forme pour le Commerce Équitable (PFCE).

Compte rendu de cette belle soirée et du documentaire qui donne un souffle d’espoir sur l’avenir de notre agriculture et de notre environnement !

Le documentaire « Secrets des Champs » nous ouvre les portes d’une forme d’agriculture encore trop méconnue : l’agriculture intensément écologique, actuellement en pleine recherche et expérimentation mais qui semble être LA solution pour un avenir meilleur en terme d’écologie et de souveraineté alimentaire.

Divisé en 3 parties bien distinctes, il nous explique le lien fondamental entre le sol, les insectes, les plantes et les champignons. Il met en lien cette synergie qui s’opère naturellement entourée d’une pratique réfléchie et attentive de l’agriculteur et qui permettra de sauver nos sols et de nous ouvrir de nouvelles perspectives économiques, environnementales et sociales.

Partie I : Interaction entre les plantes et les insectes

Cette première partie nous explique que chaque insecte a son rôle dans un champs : les insectes ravageurs tels que les  pucerons détruisent les cultures mais nourrissent les plus gros insectes comme les insectes pollinisateurs, les insectes recycleurs et les plus importants : les insectes auxiliaires.

Ces derniers évitent la reproduction des insectes ravageurs et sont une alternative plus que naturelle aux insecticides !

De plus, comme le reconnaît avec humour un agriculteur : « les insectes auxiliaires travaillent 24h sur 24, ne s’arrêtent pas à 18h et travaillent même le week-end! ». Pour illustrer l’importance des auxiliaires, l’exemple de l’aléochara est intéressant. Dans les cultures, l’insecte va se nourrir des mouches et sa larve va percer la pulpe de l’œuf de mouche, dévorer l’intérieur et grandir en son sein. Un double emploi donc !

Le lien entre les plantes et les insectes est aussi fondamental à étudier car il a été montré que la plante est NON PASSIVE.

Elle développe au contraire deux stratégies :

  • Directe : elle synthétise les composés toxiques
  • Indirecte : elle produit des molécules qui vont se diffuser dans l’air et attirer les insectes auxiliaires.

On en est encore à des states d’exploration mais les potentiels sont énormes ! Néanmoins il faut savoir que les plantes génétiquement modifiées n’interagissent pas autant avec leur environnement !

 

Partie II : Interaction entre les plantes cultivées et les organismes vivants du sol

Il existe un lien étroit entre les racines des plantes et les organismes vivants du sol qui se fait par les mycorhizes !

Un mot un peu barbare quand on n’est pas scientifique mais qui signifie en fait la symbiose naturelle qui se produit entre la rencontre des racines fines des plantes et des bactéries présentes dans le sol. Il faut savoir qu’il y a environ 1 milliard de bactérie dans 1g de terre et 1 million de champignons.

 

Cette mycorhization permet deux choses :

  • La plante fournit de la nourriture aux champignons
  • Les champignons protègent la plante, l’aident à résister à la sécheresse et vont chercher de l’eau plus en profondeur.

Les intérêts de cette symbiose se constatent de manière évidente et sans appel : des plantes plus fortes qui se développent de manière bien plus significatives !

Partie III : Interaction entre les plantes dans les Champs

Indépendamment du bio différentes formes d’agriculture sont expérimentées simultanément.

  • L’agriculture en conservation
  • L’agroforesterie

Le premier procédé répond à trois critères :

  • Réduction du travail du sol pour les agriculteurs
  • Couverture végétale du sol
  • Diversité des espèces au sol en mélangeant les espèces dans un même champ

Il désigne le concept (encore méconnu en France) d’éviter l’utilisation d’herbicides en cultivant plusieurs variétés de plantes entre elles pour que certaines avec le travail de l’agriculteur et les intempéries finissent par créer une couverture végétale naturelle riche en biodiversité dans les champs. Le rôle de l’agriculteur sera de travailler très en douceur cette couverture végétale et de mélanger les bonnes espèces ensemble.

Le deuxième procédé d’agriculture qui valorise à 100% la synergie de la biodiversité est l’agroforesterie. Comme son nom l’indique, il s’agit de planter des arbres en parallèle des cultures afin que :

  • Les racines des arbres puissent aller chercher plus en profondeur une bonne qualité d’eau nécessaire aux plantes pour un bon développement et vitale en cas de sécheresse durant un printemps trop chaud.
  • Les feuilles mortes créent une forme de matière évitant la germination de mauvaises herbes et permettant le développement de mycorhization.

Encore une fois des parcelles sont en état d’expérimentation actuellement mais les premiers résultats sont très positifs et laissent entendre que de nouvelles alternatives sont possibles à l’agriculture conventionnelle actuelle qui enrichit les pays du nord et affaiblit les pays du sud.

Néanmoins, comme tout changement, cela prend du temps et nécessite de bousculer des lobbyies trop bien installés dans le secteur de l’agro-alimentaire ! Il ne faut cesser de nous battre quoi qu’il arrive !