Immersion à Ungersheim en transition écologique avec « Qu’est ce qu’on attend ? »

Le 15 mai dernier nous étions à la soirée organisée par le cinéma La Clef autour du documentaire « Qu’est-ce qu’on attend ? » de Marie-Monique Robin en compagnie de l’artiste Emily Loizeau.

 

Durant plus de 2h, le documentaire vous plonge dans la vie d’un petit village alsacien de 2 200 habitants : Ungersheim, qui a choisi de se lancer à 100% dans une démarche de transition écologique pour réduire sa consommation d’énergie fossile et ses émissions de CO2.

La réalisatrice a pris le parti de suivre de très près les habitants investis dans le projet, venant deux à trois jours par mois pendant un an : de l’été 2015 à l’été 2016. Nous découvrons dès les premières minutes les personnalités « importantes » à l’origine de ces initiatives, à commencer par le Maire du village qui, inspiré par le schéma de Rob Hopkins en Grande-Bretagne, a choisi 21 objectifs de développement durable à suivre pour faire écho au 21e siècle.

Ancien mineur, il entend rendre le village «autonome», en particulier en matière alimentaire et énergétique. Élu depuis bientôt 30 ans, il fourmille d’idées et veut convaincre par l’exemple. Dès 2000, il a fait installer des panneaux solaires pour chauffer la piscine municipale, puis construit une chaufferie bois pour alimenter d’autres bâtiments, diminué de 40% la consommation de l’éclairage public, proscrit les pesticides et engrais pétrochimiques des espaces verts et terrains de sport, utilisé des produits d’entretien écologiques dans les équipements municipaux… Tous les aspects de la vie quotidienne sont concernés. Et les citoyens suivent. Certes pas tous, mais la dynamique est là.

L’intérêt du documentaire, au delà du message écologique transmis, réside dans la possibilité que nous offre la réalisatrice de suivre sur une année chaque projet mis en place :

  • La construction d’une maison en mur de foin.
  • Un boulanger qui décide de confectionner ses pains uniquement avec les céréales qu’il a lui-même produit.
  • La création d’une éolienne en partenariat avec les élèves de l’école.
  • Le bus scolaire remplacé par une charrette poussée par deux chevaux qui servent aussi d’aide pour l’agriculture locale.
  • Un potager collectif qui emploie des personnes en contrat de réinsertion, pour un second souffle.
  • La conserverie municipale qui cuisine et transforme les les surplus du jardin en conserves pour les habitants.

On se prend de sympathie pour tous ces villageois, qui face à la caméra de Marie-Monique Robin, se livrent sans filtre, sans commentaire. Ils parlent de leurs motivations et de leurs espoirs, parfois leur scepticisme de départ et leurs tâtonnements. 

L’objectif de cette immersion est finalement d’inciter les citoyens d’un territoire à mettre en place des solutions alternatives pour apprendre à vivre dans un monde en profonde évolution : changement climatique, pic du pétrole. Nous découvrons que ces objectifs écologiques communs renforcent les liens, les solidarités et la coopération entre l’ensemble des acteurs du territoire.

Aujourd’hui, il y a plus de 2 000 initiatives de Transition dans le monde, dans 50 pays, dont 150 en France, réunies dans le réseau International de la Transition.