Historique de la boutique

La boutique de la rive gauche a eu une vie trépidante ces dernières années avant de se transformer en « château de la belle au bois dormant ».

Tout d’abord, elle a fait partie intégrante de la boutique des éditions scolaires Delagrave qui y exposaient les manuels, boutique dans laquelle on rentrait par la rue Soufflot ; en sous sol étaient entreposés les livres avant expédition. Elle était particulièrement lumineuse grâce à une magnifique verrière construite dans la cour de cet immeuble haussmannien fin du 19ème ou début du 20eme siècle.

Ensuite elle est devenue le « laboscope » des laboratoires Merck : on y faisait des expériences, y vendait des livres,… Le lieu devait être dangereux car une douche de sécurité était installée à chaque étage ! Le choix du modernisme avait prévalu dans l’aménagement : les poteaux anciens avaient été cachés ; A noter également que la porte fenêtre, une porte et de nombreuses fenêtres donnant sur les rues le Goff et Malebranche avaient tout simplement été murées. De l’intérieur on ne voyait plus l’extérieur et réciproquement.

Après cet épisode pharmaceutique, la culture réinvestit les lieux ; le site fut loué par la Ville de Paris pour ses bibliothécaires et c’est là qu’a été constitué l’ensemble des collections de la grande médiathèque parisienne dans le 15eme arrondissement : la médiathèque Marguerite Yourcenar. Les bibliothèques Charlotte Delbo (2e) et François Truffaut (1er) y ont également partiellement séjourné la première lors de la rénovation de ses locaux, l’autre en lien avec son installation au Forum des Halles.

Puis la forêt a gagné et commencé à empêcher encore plus sérieusement l’accès au château et rares furent les preux chevaliers à oser s’y risquer : quelques cinéastes y tournèrent des films , et Woody Allen en fit … la cantine de son équipe lors du tournage de son film parisien.

Depuis,  nous avons baissé le rideau de fer pour que vous puissiez à son ouverture apprécier la restauration et l’aménagement du « château de la belle au bois dormant », que nous avons décidé d’inscrire résolument dans son quartier.

Par ailleurs, hasard de l’histoire, nous avons découvert que c’est également au 1, rue Le Goff, au 5eme étage,  que Jean Paul Sartre vécut les années heureuses de son enfance, qu’il évoque dans son livre autobiographique « Les Mots ».