Le Retour à la Terre – Biocoop

Les Guides gastronomiques ont inventé les étoiles, les macarons, les fourchettes… Pour des établissements comme celui-ci, il faudrait des pommes et pas n’importe lesquelles…

La reinette clochard, la reine des reinettes, la canada grise et blanche (originaire, comme ne l’indique pas son nom, d’Angleterre), la calville, la patte de loup, la reinette ananas, la pomme transparente de Croncels…

De celles qu’on ne trouve pas encore à tous les coins de rue et dont la plupart embellissent les vergers de Catherine Chalom, depuis un certain jour de 1994 où elle et son mari, sont tombés en amour d’une vieille ferme normande toute délabrée : 1,7 ha de terrain et quelques arbres déplumés.

D’autres acquisitions ont suivi et beaucoup de légumes et de fruits…

A priori rien ne prédisposait cette parisienne, fille d’Antiquaire, puis Centralienne, Cadre chez Renault à un tel retour. Peut-être des week-ends agréables dans la Sarthe, le goût des bonnes choses et rapidement, le sentiment que le monde roulait sur une mauvaise pente et qu’on pouvait intervenir.

Finalement, ce magasin rejeton de la grande Famille Biocoop, qui a développé sa propre personnalité et réanimé le quartier Philippe Auguste est très symptomatique d’un courant actuel, qui s’affirme et s’amplifie. Retour à une autre terre, qui serait une terre autre.

Une vitrine très moderne de la ruralité… Une façade toute en vitres parcourue de grands V blancs (poteaux de soutainement), un espace lumineux de 300m2, des couleurs végétales à foison,des fruits et légumes hyper frais, des innovations tendance ( fontaine Chocolat bio, fontaine à eau dynamisée), Comme dans toutes les Biocoops un « bar à vrac » coloré de 130 produits (céréales, légumineuses, mueslis, fruits secs, biscuits,…), des becs verseurs, que certains clients, emportés par leur élan, ont qualifié de « mangeoires ». C’est dire si on s’y sent pousser des ailes.

Un mode de fonctionnement en prise directe avec la vie moderne et les problématiques actuelles: Mobilier chaleureux en bois FSC, borne informatique, une offre abondamment diversifiée – 8.500 produits et plus d’une centaine de produits à prix serrés ( « La Bio je peux ») -, une soirée nocturne (jusqu’à 21h chaque jeudi), un lieu d’échanges (avec des producteurs par exemple), un coin lecture (on y découvre notamment l’éditeur Terre Vivante), des projections fréquentes ( Nos enfants nous accuseront, Sans Terre et sans reproches…), des conférences-débats (Jardin de Cocagne Apithérapie,Bio-dynamie), deux sites internet indiqués au bas de cet article…

Un esprit conservatoire pour faire découvrir aux citadins de longue date et aux jeunes générations légumes anciens et raretés: framboises jaunes, baies de sureau, caseilles, nèfles, tomates green zebra, courge sucrine du Berry, rutabagas, topinambours,…)

Merveilles de petits producteurs comme le miel de framboisier des apiculteurs de Vielvic, près de Villefort, chocolat au lait de chèvre, gouda aux algues…

Et très important: des semences biologiques, dont l’achat est vivement conseillé à tous ceux qui veulent aider la Planète.

Tout cela est le fruit d’une passion et d’un engagement personnels: celui de Catherine Chalom qui a adhéré à L’AMAP Volontaires (15e), fréquenté la fête de la tomate à Montlouis, écumé les foires aux arbres avant d’arriver à la plus ancienne, celle de Lisieux, et adhère aujourd’hui à Nature et Progrès, LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), WWF, Greenpeace, Kokopelli, au MDRGF, au GRAB HN ( Groupement Régional des Agriculteurs Biologiques de Haute Normandie.)…

Mais c’est aussi l’esprit BIOCOOP: un cahier des charges plus strict que l’ancien cahier des charges AB français (donc a fortiori que celle de la version édulcorée européenne datant du début 2009), un soutien actif à la CABSO, au Réseau Semences Paysannes, à Kokopelli,à l’APFLBB (Association des Producteurs de Fruits et Légumes Biologiques de Bretagne), et au MDRGF dont elle appuie pour la 5e année les actions de La Semaine Sans Pesticides.

Biocoop et le MDGRF nous rappellent que la France est première consommatrice de pesticides en Europe avec 76 000* tonnes par an, ce qui génère jusqu’à 40 tonnes/an de perte de terre arable, une pollution de 96% des eaux de surface et 61% des eaux souterraines.

L’agriculture conventionnelle équivalant à 90%* de la consommation nationale, L’INRA et le Cemagref recommandent l’Agriculture Biologique comme alternative aux pesticides.
Le Retour à la Terre-114 avenue Philippe Auguste-75011 Paris. Du lundi au vendredi de 10h à 14h et de 15h30 à 20h.Le samedi de 10h à 20h. Tel. 01 44 93 81 81

www.leretouralaterre.fr http://apiculteurs.info

Ecrit par Danielle Allegre et publié le 19/05/2010 dans PARISoBIOtiful